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Havre de Cinéma / ENSP : Des chemins qui se croisent

En 2016, la toute jeune association Havre de Cinéma lançait un concours intitulé « 2017 : Tous les chemins mènent au Port du Havre », pour célébrer les 500 ans de la fondation de la ville du Havre. Au même moment, un projet étudiant pluridisciplinaire initié par l’École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles (ENSP) propose à des étudiants de relier Cherbourg à Versailles à vélo, afin d’étudier les forces et les faiblesses des infrastructures existantes.

Lors de leur passage au Havre, les étudiants sont invités par Havre de Cinéma à réaliser plusieurs courts métrages pour mettre à l’honneur le vélo dans l'environnement portuaire. En quelques heures et répartis en petits groupes, ils doivent imaginer et tourner leurs courts métrages. Ce jour-là, j’encadre deux équipes, et les courts métrages Cap ou pas Cap et Hors Piste sont mes premiers projets avec l'ENSP. Une session créative brève mais intense et productive. Elle a ouvert la voie à d'autres projets, plus conséquents.

C’est à cette occasion que je rencontre Joséphine Billey, alors cheffe de projet CPIER Vallée de Seine à l’ENSP. C'est elle qui porte ce projet Seine à Vélo ainsi que les futurs projets qui mèneront aux futures collaborations.

Une autre personne a rendu cette rencontre possible : Boris Menguy, ancien élève de l’ENSP, qui travaillait alors à l’AURH. C’est lui qui a mis Havre de Cinéma sur la route de Joséphine et qui a permis à ces collaborations de voir le jour.

En 2017, avec Cécile Patingre, nous réalisons Entrevues Maritimes. Cette seconde collaboration Havre de Cinéma / ENSP accompagne un atelier étudiant itinérant autour de la Seine. Cinq étudiants vont à la rencontre de six personnes qui travaillent dans la baie de Seine et son estuaire. Leurs activités sont très différentes : tourisme, réinsertion, accompagnement, alimentation, développement technique ou logistique. Le film donne à voir ces échanges et la diversité des regards portés sur le territoire.

En 2018, toujours avec Cécile, nous réalisons Le Mantois en 2100. La troisième production conjointe Havre de Cinéma / ENSP est un voyage-atelier entre professionnels de l'urbanisme et du paysage consacré à l’avenir de ce territoire, à la frontière de la Normandie et de l’Île-de-France, aux portes de la métropole parisienne.

Puis, en 2019, je tourne avec Aurore Chauvry le nouveau film de la collaboration Havre de Cinéma / ENSP. Dessine-moi une vallée prend la forme d’un road trip de cinq jours, de Cherbourg à Versailles. Dix étudiants issus d’écoles d’agriculture, de paysage, d’architecture et des beaux-arts découvrent les paysages de la vallée et de la baie de Seine, rencontrent des acteurs du monde agricole et partagent chaque jour un nouveau point de vue. Ce tournage a été extrêmement formateur pour moi, et j'en garde des souvenirs très forts.

En 2020, l'épidémie de COVID 19 met en suspens le partenariat entre l'association et l'École Nationale de Paysage.

En avril 2021, j'assistais Aurore à la réalisation de La Caravane des Paysages – Regards croisés. Nous avons sillonné la vallée de la Seine, ses plateaux, ses vallées secondaires et son littoral. Un retour au grand air après les confinements, mais l'atmosphère était changée.

Au lendemain du dernier jour de tournage de La Caravane des Paysages, j'apprenais la disparition soudaine de Boris Menguy, que nous avions vu quelques jours plus tôt lors d'une escale au Havre du tournage itinérant. Boris avait quitté l'AURH en 2018 et dirigeait depuis le CAUE 76. La disparition de Boris donne aujourd’hui à ce film un sens bien différent pour tous ceux qui l’ont connu. Il était l’un de ceux qui avaient rendu cette aventure possible. Finir le film sans lui a laissé une empreinte particulière sur ce dernier projet mené ensemble par Havre de Cinéma et l’ENSP.

Ces collaborations m’ont fait découvrir une manière singulière de filmer un territoire : prendre le temps de le parcourir, d’écouter celles et ceux qui le font vivre, et de laisser plusieurs regards coexister. Le paysage ne se résume pas à ce que l’on voit depuis la route. Il se raconte aussi par les usages, les activités, les rencontres et les questions que l’on choisit de lui poser.

Je garde un souvenir très vivant de cette collaboration initiée en 2016 : Deux équipes, quelques heures pour trouver une idée et fabriquer un film, et le vélo comme point de départ. Une rencontre rapide qui a ouvert la voie à plusieurs années de projets partagés — et à des personnes qui ont compté dans cette aventure.

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